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Dr. Farid Kassab 1964

Dr. Farid Kassab 1964

Le livre de Mr Jawad Boulos

Mon relieur m’envoie habillé, flambant neuf, le tome I de l’ouvrage de Mr. Jawad Boulos, ‹‹ Les Peuples et Civilisations du Proche Orient ››

Durant un séjour de quelques mois que je fis a la montagne, voie dernier, il me tint fidèle compagnie. Hélas! De toute la série, c’est le seul que j’aie lu. Deux nouveaux tonnes, semble- t-il, ont déjà paru et les deux derniers seraient à bout de voie.

J’ai su, par la suite, que l’auteur a épuisé tous ses moyens de réussite, travaillant d’arrache-pied, vingt années, pour arriver à ses fins. Si on songe à la grandeur de la tâche, vingt ans, c’est peu.

Soutenu par l’amour de sen pays, notre écrivain ressemble au créateur de l’architecture chrétienne, bâtisseur de vieilles cathédrales; aux constructeurs de notre Baalbec, agissant sous l’impulsion de la foi. Le sentiment du beau et du vrai, affirmait son zèle, le guidait. A lire cet ouvrage, que dis-je, ce poème, il me vient a l’idée qu’il a été compose d’inspiration.

Serais-je téméraire si je demande à toute bibliothèque Libanaise, de le comprendre, et à tout Libanais, désireux de connaitre son pays, de le lire ? Dans sen absence, une bibliothèque est comme un théâtre vide, une vitrine déparée. Un homme a glane pour nous tout ce que l’antiquité a de riche et de beau pour nous le présenter, en un bouquet de fleurs.

Un grand historien, Arnold Toynbee, a résumé, en quelques lignes, cette œuvre maitresse de notre éminent écrivain. ‹‹ Monsieur Boulos a souligné les éléments permanents dans le paysage historique. Il a montré qu’il existe des constantes géographiques et psychologiques qui se réaffirment perpétuellement à travers les changements apparents de la vie superficielle »

Patriote et penseur, Maitre Boulos voulut donner à ses concitoyens, une leçon d’expérience, tirée de l’histoire, une assiette politique et sociale aux dirigeants, pour affermir leur confiance dans l’avenir du pays. Programme éducatif à long terme.

Une nation ne s’improvise pas. Trop artificielle, ou simplement politique, sera sans consistance.

L’Orient sémitique comme on sein, a toujours été prisonnier au système théocratique. La religion fait la loi et la nationalité. Une nation fractionnée en sectes et confessions avec des statuts personnels ne sera jamais homogène et sa constitution politique n’aura pas d’action fusionnienne. Le particularisme ne cimente pas l’union. Pour qu’un état puisse durer et sache essuyer les bourrasques, il doit calquer les modes modernes et s’appuyer sur le vouloir vivre collectif. Mon fils, disait Socrate, la patrie est plus que ton père et ta mère.

 

Monsieur Boulos est optimiste. Les anciens, plus divises que nous actuellement, ont pourtant, réalisés seuls leur chefs-d’œuvre. Tous les matériaux pour construire un Liban moderne, modèle, existent, sont présents, dit-il, Que faut-il de plus que les facteurs géographiques, psychologiques, économiques, historiques, linguistiques ? Ils sont tous là. Il ne faut pour réussir, qu’embrasser les vertus des anciens et échapper a la gangue haineuse des traditions mortes.
‹‹ L’histoire nous montre que les divers peuples proche-orientaux ont, en général, conserve dans leurs pays respectifs, leur caractères héréditaires et fondamentaux, et ce, malgré les changements de langues, de religions et d’institutions et malgré les invasions el les métissages, qui ne modifient que temporairement les caractères ethniques fondamentaux ››. ‹‹ L’action combinée des deux facteurs, hérédité et milieu, détermine l’ensemble des caractères humains, physiques et psychiques, individuels et collectifs ›› (Jawad Boulos)

 

Les Premières Civilisations

Nous savons que la faculté d’admirer et le Chemin de l’amour. Nous admirerons L’œuvre des anciens et nous feront comme eux, Le peuple aime les idées quand elles sont prouvées et délectables. ‹‹ Le vrai est toujours bon à savoir » dit Renan.

C’est donc aux rayons de leur belle antiquité que Monsieur Boulos veut allumer dans le cœur de ses concitoyens, la foi, la confiance, le zèle; les presser a s’élever si |’empyrée idées pures, loin des subtilités politiques, pour faire converger, en un sentiment Commun d’esprit national, leurs divergences et leurs tendances. Tous les peuples ont écrit leur histoire quand ils sont libres, dit Voltaire. La chaine qui nous relie aux anciens, n’est pas rompue tant que nous habitons la même demeure. Nos destinées et les leurs se sont nouées et dénouées de la même façon au cours de temps. Et l’histoire serait inintelligible si on ne remontait pas en arrière.

Ecartant, avec élégance, le rideau, il laisse les yeux de |’esprit s’ouvrir grand, aux beautés du passe, Tout y est splendeur et faste. El pour que le charme de cette fascination ne tombe pas tout d’un coup sous le poids de l’erreur, il l’étaye de documents surs, que seules peuvent fournir, quand elles sont exactes, ces nouvelles sciences, biologie, psychologie, statistique, archéologie, ethnologie ethnographie, anthropologie.

Dès l’époque la plus lointaine, le Proche orient, épargné par les cataclysmes et les phéromones de glaciation, qui ont frappé I ’Europe et une partie de l’Asie, était le rendez-vous des peuples et des races en quête d’habitat. La nature harmonieuse du Liban, sa parenté avec la mer, sen climat tempéré, sires, forets, sources, autant d’attraits aux peuples migrateurs.

‹‹ En même temps que les cités de Mésopotamie et d’Egypte naissent sur le lime” des fleuves, la civilisation est instaurée au Liban ›› (J.B) ‹‹ La vie sédentaire est née de l’agriculture sur les collines. Ougarit, Byblos sont les plus anciennes villes qui aient été habitées ›› (J. Huxley)

Monsieur Boulos répète souvent, que c’est grâce au milieu géographique, aux facteurs climatiques, a l‘effort combine des races: nordique, asianique, alpine, méditerranéenne et sémite, a l’éclosion de leurs multiples talents, que la civilisation vit le jour, pour la première fois, en Orient. ‹‹ Les races étrangères les unes aux autres, finissent, en vivant sur le même sol par se confondre i> (JB) Toute fois, dit-il, les Aryens que |’on reconnait, s certains signes, représentés par les Sumériens, ont vite passe de l’état pastoral a la vie agricole et sédentaire, et 0rii,|es premiers, défrichée la Mésopotamie et crée les lois, les institutions, la notation des chiffres, le calendrier, l’écriture, les arts, la navigation etc…

‹‹ La tribu Aryenne est une société civile, tandis que la tribu sémitique est plutôt une formation a caractère politique et militaire ›› (JB)

 

Les Sémites

C’est dans les plateaux de l’Arabie Centrale et dans les plaines de la Grande Syrie, a l’aspect massif et désertique, qu’une famille humaine, Spécifiquement distincte, vit, fractionnée en tribus nomades et semi-nomades, pastorales en partie. C’est dans cette aire désolée que les Sémites vivent, depuis des millénaires, a l’état plutôt primitif et c’est de là qu’ils ont, sans doute, essaime.

Mr Boulos divise les habitants de Mésopotamie, Syrie, Palestine, Liban et Arabie en sémites et sémitisés, et il a parfaitement raison. Ceux qui ont construit la ville et perfectionne les arts, ce sont ces derniers. Ils ferment une race composite, suffisamment évoluée et constituent des nations face à la poussière humaine, les nomades.

 

Mais on parle et on a parlé sémitique dans toutes ces régions. Ne seraient-ils pas des sémites, ces Proches-Orientaux ? Beaucoup mains qu‘on ne pense. Ils ont été linguistiquement sémitisés par les conquêtes. Les tribus guerrières du désert les attaquaient par surprise, profitant de leur faiblesse momentanée; mais ne laissaient pas, chez eux, des colonies d’enracinement. La conquête était l’apanage d’une dynastie et durait peu. As sa disparition, par absorption, par fonte dans le milieu, leurs hommes nomades demeures dans les tentes, pour monter la garde, retournaient dans le désert. L’histoire des sédentaires, s’opposant aux déprédations des nomades, est vieille comme l’Orient. La langue est toujours le style de l’impérialisme et l’auxiliaire de la politique. Pas plus que la religion et les institutions, elle n’affecte la race. Elles entrent toutes dans les travaux de la culture et en composition avec elle. Les peuples du Moyen Orient ont changé souventes fois, religion et langage, sans qu‘ils en fussent modifies ethniquement. Il y a donc incontestablement, d’énormes différences entre sémites nomades et sédentaires sémitisés. Les sédentaires sont donc restes une race composite qu’on ne peut entamer facilement, Ni les conquérants, ni les Sémites, surtout n’ont anéanti les vaincus. Les Sémites nomades en avaient besoin pour vivre. Ce qu’on raconte des Hébreux exterminant la race Cananéenne est faux. Ils ont fusionne avec elle adoptant ses mœurs et son idiome.

Le fond des populations sédentaires, agriculteurs et artisans, a survécu à tous les cataclysmes sociaux et au phénomène d’assimilation. On les a asservi, jamais absorbes. La vague Cananéenne qui déferla au 3eme millénaire sur le littoral Libanais, donnant son nom au pays, rencontra une masse compacte, souche vieille, autochtone, composite, difficile à entamer. Elle lui impose le placage sémitique et autre chose, mais fondit en elle, en calquant son mode de vie.

C’est la vieille souche allogène Libanaise d’avant les Cananéens, qui a fourni et fournira le levain qui leva la pâte humaine au Liban. En remuent la terre de l’atavisme, elle laissera toujours exhaler une senteur de terre antique, Elle sera connue par les Grecs sous l’appellatif Phénicien qui la distingue, pour ses traits frappants, des Syrienne et des Juifs et des Arabes.

En envahissant le Liban, les Cananéens y trouveront une civilisation compliquée qui les égaraient. Jamais le sémite n’a eu raison du montagnard. En cas d’attaque surprise, le Libanais avait les plis de ses montagnes pour refuge, ou alors il prenait le large en mer. Les jardins composes de plusieurs terrasses, plus élevées les unes que les autres, pensez-vous que le conquérant s’acharnera a les détruire? Le cultivateur libanais de plus en plus fixe au sol grâce é la plantation des arbres fruitiers, ce n’est pas lui l’ennemi aux yeux de l’envahisseur.

Le Liban plus que tout autre pays de l’Orient-Proche, est reste autochtone et composite protégé par la muraille de l’Est contre l’infiltration sémitique et ouvert, du cote de l’Ouest, aux Nordiques et aux Méditerranéens, pour mieux se revivifier.

‹‹ Les caractères héréditaires peuvent être exceptionnellement modifies, soit à la suite d’un changement de milieu, soit encore dans le cadre du même habitat lorsque le groupement humain se mélange, avec des éléments allogènes.

Dans les deux case cependant, l’action du milieu, par sa puissance et sa constance, ramène progressivement les caractères modifies a l’empreinte distinctive des populations autochtones ›› (J.B)

‹‹ La régénération biologique due à l’action du sang nouveau est généralement temporaire. Au bout de quelques générations, l’action stimulants de la greffe étrangère disparait, et le mélange stabilisé recouvre sa vie psychique d’autrefois, telle que la détermine les caractères ataviques et le milieu environnent ›› (J.B)

Il y a un fond de permanence qui se perpétue au cours des âges. Les constantes veillent. Les gènes dont la petitesse avoisine celle des édifices moléculaires, sont les gardiens de nos caractères, de notre individualité, de notre personnalité.

Vues sous la multitude des aspects, les origines Libanaises, assez compliquées, mais dont la diversité est utile à la cause elle-même; vues sous certaines organisations économiques créées par la géographie, certains faits rendus nécessaires, faits sociaux surtout; vues sous la composition des races et leur évolution, leur dynamisme culturel a tendance universelle; tous ces facteurs obligent à considérer le Liban comme star et comme personne morale, nullement comme une création artificielle sen indépendance et son unité politique dépendent de sa volonté et du concert des nations et personne ne peut contester son droit de jure ou de facto,

La civilisation du Sémite nomade.

On a pensé que la persistance de l’état nomade est attachée à quelque utilité pratique, sans laquelle il n’aurait pas dure. Quelques tribus pastorales s’adonnent, ii est brai, a l’élève du bétail, d’une façon rudimentaire et pauvre, ne possédant que chèvres, moutons et chameaux D’aucuns de ces semi-nomades louent leurs services, se font caravaniers, Mais la majorité est adonnée au pillage et a la rapine, De par son état misérable, la guerre est pour est une des formes de la concurrence vitale.

Le nomadisme est un mal et un état d’âme qui se complait dans la paresse, la médiocrité, Il pauvreté, le fatalisme_ Cette race n’a pas de besoins et pour cela, elle ne possède rien, Dominée par l’atavisme, elle a la nostalgie du désert et de ses coutumes même après un changement de sort. Le respect de l’usage est cheville au corps du nomade, Ii n’évolue ni ne Change. Fossilisé dans son mode d’existence, il n’est pas capable d’adaptation. Il y a dont une paresse innée du corps et de l’esprit, héréditaire et constitutionnelle. Endurait, tenace, sobre, malgré lui, ii est de nature égoïste, indisciplinable et individualiste. Son sensualisme et Son réalisme, lui ferment le cœur a toute fiction, a l’abstrait, A l’irréel. Cependant, il a l’imagination vive, ardente, hardie, spontanée, délirante, il tire l’image de la passion et la taille dans la réalité. A cause de son désordre et la mauvaise alimentation, il vieillit vite, se chiffonne tôt, comme au grand hale, se fanent les plantes.

J’ai cite des défauts et des qualités psychologiques fondamentales, souvent héréditaires Les qualités et les défauts qu’on acquiert sont sujets au changement, donc sans gravite.

Je passe outre pour m’arrêter a son physique qui est excellent, D’aucuns le préfèrent au sédentaire. Grand, le corps anguleux, sec, osseux, nerveux, le visage d’un bel ovale, les traits fins, les yeux et les cheveux noirs, la peau hâlée, il ne le cède a personne, ni pour la taille, ni pour la mine. A le voir de loin, découper sur l’horizon son incontestable noblesse d’allure, on pense a une figure de tableau, se détachant en brun, sur un fond clair.

La civilisation matérielle ou technique, n’existe pas. On ne lui doit rien. Aussi longtemps qu’il reste fige dans le nomadisme sauvage et qu’il ne change pas de sang et de milieu, ii restera le parasite attarde. ‹‹ Les Sémites, dit Kreglinder, ne se sont élevés au premier rang que dans les pays où ils se sont mêlés à d’autres peuples ››. Ibn Khaldoun, esprit pénétrant, a le mieux décrit ce piteux enfant du désert. Ce type d’homme attarde ne pouvait prendre la place du libanais et faire ce que fit le phénicien an cours de l‘histoire. En mêlant son sang au sien, sans compromettre sa nature, je dirais é discrétion, le Libanais a gagné et n’a pas perdu. S’il se fut trop sémitisé, jusqu’à saturation, l’histoire se fut changée elle visage du Liban se fut mains beau. On admire, chez le libanais, ancien et model-ne, cet esprit kaléidoscopique, conséquence d’une langue évolution et de riches hérédités psychologiques; ces aptitudes universelles qui le rendent capable de mener plusieurs carrières é la fois et de devenir excellent dans les plus diverses. S’il a outrepasse cet équilibre, dans l’expérience du commence, ou il elle jusqu’à la limite supérieure, c’est bien le milieu géologique qui en est la causes << Il fut plus marin que terrien, plus commerçant qu’agriculteur, plus migrateur que essentiel ›› J.B.

La civilisation que le sémite nomade nous légua fut, pour une fois, d’ordre moral; son idiome De tous ceux que cette race employa el propagea, le dernier, surtout vint dans sa perfection actuelle. Remarquables par une singulière originalité, par des finesses grammaticales, par une richesse lexicographique étonnante, il est le second dans les rangs presses des langages humains.

Le rôle que par les Sémites en religion, mérite d’être signale. Fanatique de justice, une Elite jeta le fondement d’une morale universelle et l’a introduite dans la religion. Reste à savoir si cette Elite était sémite pure ou composée. Je croise plural qu’elle n’avait pas de rapport avec le désert el qu’elle est le fruit d’une langue évolution sociale, d’un milieu urbain et que les sémites nomades n’ont fait que la précipiter. Messagers et convoyeurs, les deux nous sont proches er presque synonymes.

LA METHODE HISTORIQUE DE MONSIEUR BOULUS.

L’éminent auteur croit à l’avenir de l’histoire, comme science. N’y a-t-il pus une histoire des sciences, des philosophies, des ms, des langages, des luis, des religions, brefs! De cheque tranche de la nature ? II ne s’agit pas de fragmenter l’histoire humaine en monographies, épitomés, essais, mais de la fondre dans une vaste synthèse. ‘L’histoire n’est pas une suite de faits, mais leurs synthèse.’ J.B. C’est fans ce cadre et selon ce point de vue, qu’il édifie sen monument, en prenant de le porter sur le base inébranlable, des faits et de l’expérience. Il embrasse l’âme de l’histoire, Il n’étudie les faits que dans leurs causes et leurs suites. Il ne s’intéresse a eu, en tant qu’évènements, que lorsqu’ils provoquent de grande changements eu qu’ils précipitent l’évolution c’e5r des lumières qui s’ouvrent sur le temps. Les exposes synoptiques ne sont pas interdis.

Jusqu’à nos leurs, et à partir du XVII siècle, presque tous les philosophes ont jetés l’histoire des regards investigateurs, Les Grecs, qui ont inventé l’histoire et la philosophie, les utilisaient souvent de concert dans leurs recherches. Les plus grands historiens de l’antiquité, 1’nueydide et Polybe, le premier surtout, impartial, sincère, indépendant, éprise d’exactitude, commenta les documents et les faits, philosophiquement et objectivement. D’autre historiens, sans manquer de mérites, mêlèrent la fable aux récits, brouillèrent les faits donnant aux mythes une apparence historique. Ce fut le cas d’Hérodote, de Dédore, et de bien d’autres. Les latins, Salluste, Tite-live, mire, etc. ont prêches par manque de sincérité et ne vérifiant pas l’exactitude des faits, les notre, du Moyen Age, a part Ibn Khaldoun, esprit critique, n’étaient que des chroniques et des analystes ennuyeux.

Faire une synthèse, c’est commenter, interpréter, philosopher. Que de sein, de minute, de méthode surtout, ii faudrait aux historiens pour ne pas donner dans l’hypothèse et la conjecture ; et ne pas se séduire eux-mêmes per leurs propres raisonnements.

Le plus grand tort qu’on fait à la science et à la connaissance c’est quand on priori a priori. Ramener wus les phénomènes historiques e une cause unique et première, a un principe global, même si ce principe est matériel, (force, nécessite, besoin) etc., c’est faire œuvre métaphysique, donc rien scientifique. Je ne condamne pas cette vue de l’esprit, loin de là, mais elle n’aide pas les recherches, C’est sans doute une manière simplicité et naïve, que de recouvrir a une cause unique, pour expliquer le déroulement des faits. Mais elle n’explique rien et solidifie la pense, L’esprit est avide de recherche; il est de nature infatigable.

De grands penseurs ont déroge à la méthode positive et expérimentale. Le principe absolu en histoire est une source d’erreur. Un système est un échafaudage pénible et artificiel. Une loi unique, c’est la limite au connaissable, une glorification de l’inconnaissable. Tout cela ne tient pas debout, l’esprit scientifique veut créer dans l’intelligence une représentation exacte des conditions d’apparitions des phénomènes.

La manie de la loi unique, a afflige nombres de penseurs, faiseurs de systèmes : Darurin, Spencer, Marx, Comte, Taine, Fustel de Coulanges, et avant eux Leibnitz el Hegel, Schopenhauer. Plus méthodiques et plus près de la science sont les historiens de notre temps, les Pirenne, Grousset, Morret, Toynbee, Wells, etc. quoique la tendance d’endoctriner l’histoire, n’a pas disparu chez eux, totalement.

Marx affirme que tous les phénomènes sociaux dépendent du facteur économique et il oublie ou veut oublier, d’autre raisons et mobiles. II y’a bien des gens qui se désintéressent de la matière préférant aux luxe, voire au boire t au manger, une vie pauvre, philosophique ou religieuse.

Le transformisme et l’évolutionnisme de Darwin et de Spencer, on trouve de grands disciples parmi des historiens biologistes (Toynbee est du nombre, mais beaucoup plus positif) qui considèrent le déroulement des faits comme un phénomène universel, concernant l’humanité. Les processus biologiques sont très importants, certes, mais l’évolution n’est pas comme beaucoup l’entendent, une entité absolue, car elle et limitée, discontinue et irréversible. Elle n’est pas unilatérale.

Comte, Taine, ont fixé d’avance, chacun a sa façon quelques principes absolu, sociologiques. Pour le premier, l’humanité doit passer par trois étapes, pour la second, Faction humaine est dépendantes des agents : temps, milieu, races. Ces profondeurs, dignes de l’esprit sont belles, mais toutes ces causes sont-elles uniques ? Les différentes parties de l’humanité progressent, chacune à leur façon. Pour certaines d’entre elles, la marche est discontinue, Coupée de sauts brusques. L’évolution, dans le temps et le milieu, n’est ni régulière, ni déterminer. Les mutations l’emportent sur elle bien souvent. La race pure n’existée pas pour en faire, et la manière de Gobineau, une cause supérieure primordiale.

En ramenant tout à la religion, Fustel de Coulanges que la religion est un phénomène social, une besoin comme la loi, un sentiment, un raisonnement, Durkheim ramène e la nécessite les phénomènes historiques, cette norme devient entité métaphysique pour sen caractère exhaustif. C’est un peu comme le fatalisme auquel on oppose la liberté, et le déterminisme et sen contraire, la contingence. ii y’e les facteurs hasard, cause inconnue, le fortuit et l’imprévisible. L’homme désobéit volontairement aux luis. Il y’a l’impulsion. Il y a la folle des hommes. Le milieu géographique est un grand despote, certes, mais l’homme crée le milieu artificiel et échappe, tant soit peu, a la tyrannie de la nature.

Il y a des rapports et correspondance entre phénomènes. Ils s’entrechoquent ou s’imbriquent. Aucune doctrine n’a pu jusqu’à présent trôner infaillible sur l’esprit. Les formules abstraites, dans lesquelles on veut cristalliser la vie, sont imaginaires. S’il y a à gagner en glanant dans ce fouillis inextricables qu’on fasse. Dans chaque système on trouve des vérités, et les observations accumulées, aboutissent à la science. Pour ma part, j’ai trouvé que l’histoire s’accommode beaucoup mieux avec l’empirisme, assaisonne de logique.

Pour son bonheur et pour le nôtre, Maitre Boulos n’a pas enferme l’histoire dans un cadre étroit, ni ramené les faits a une ici unique. Il ne l’a pas enveloppée de mysticisme. Il est reste fidèle a la méthode dans les sciences. Son rationalisme l’a sauce de bien d’erreurs. Je passe sur certaines hypothèses de sa création, et qui lui font honneurs. Quand il insiste et revient souvent sur le milieu géographique, les constantes, les hérédités psychologiques, il n’oublie pas les facteurs économiques, religieux, social, racial et les autres Causes naturelles. L’homme, pour mille raisons, s’est créé une civilisation, des lois, des institutions ; il s’est exercé au savoir per intérêt, par curiosité, par désintéressement ; il a collaboré avec la nature pour en tirer le maximum de bien.

Mr Boulos à épuise le sujet grâce à ses connaissances en sociologie, psychologie, biologie, et au recours des documents et de l’expérience. Pose d’abord le dogme pour l’expliquer en suite per déduction, ne l’a pas tente. T comme je l’aie dit dès le début, les faits, les récits, suivant l’ordre des temps, Chefs aux chroniqueurs, ne l’intéressant qu’autant qu’ils sont agents promoteurs. Entre les évènements historiques, il n’intercale pas une entéléchie, comme nous le faisons souvent dans ce pays.

Toute sa Science, son sens critique, son rationalisme, sa liberté, il les a mis au service du Liban du Proche-Orient et de la vérité.

Dr Farid Kassab

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