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DISCOURS DU MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE D’IRAN

DISCOURS DU MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE D’IRAN

EN MARGE DU DISCOURS DU MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE D’IRAN

Dans un discours bien nourri, prononce à l’occasion de la représentation de ses lettres de création à S.E. le président de la République Libanaise, le Ministre Plénipotentiaire d’Iran a ressucité pour nous quelques pages glorieuses de notre vieux passé.

Deux pays antiques, la Perse et la Phénicie, qui sont aujourd’hui la Iran et le Liban, avaient, il y a plus de 2,000 ans, lié leurs interféras et leurs destins. L’Empire perse fut le premier Empire d’Orient qui assura à ses nombreux peuples, l’ordre, la justice, la tolérance, et la prospérité. L’esprit libéral de ses fondateurs avait su créer one véritable confédération orientale ou la Phénicie occupe one place privilégiée. Sidon (Saida) devint la capitale de la cinquième satrapie, qui comprenait la Phénicie, la Syrie et Chypre. Le roi de Sidon, de manière générale, est une sorte de grand amiral de la flotte perse, et cette dernière est en réalité la flotte Phénicienne.

En revanche, la Phénicie fut loyale envers le Grand Roi. Au cours des guerres médiques, elle joua un rôle considérable ; à la bataille navale de Salamine (4BC avant notre ère), la flotte phénicienne combattit glorieusement, résistant et couvrant la retraite, alors même que la bataille était perdue.

Dans la lutte gigantesque engage entre Darius et Alexandre le Grand, le rôle de Tyr fut grandiose. Vaincue après une résistance acharnée, elle perdit tout, sauf l’honneur. Cet épisode tragique, anodin en apparence, représente cependant un drame dont les Proportions, comme les conséquences, furent immenses. L’Histoire nous apprend en effet, qu’après sa victoire a Issus (333), Alexandre, roi de Macédoine, au lieu de poursuivre les armées perses qui se repliaient derrière l’Euphrate, descendit sur la cote phénicienne. La ville de Tyr, ayant refusé de se laisser occuper, fut emportée après un siège de sept mois.

Pourquoi Alexandre s’est-il précipite sur la cote phénicienne, au lieu de se diriger sur Babylone et Suse ? Et comment une petite ville, comme Tyr, put-elle lui résister si longtemps, alors que les armées du Grand Roi s’effondraient devant ses premiers coups ?

En étudiant de plus près ces évènements, la conduite d’Alexandre et la résistance de Tyr s’éclairent d’elles-mêmes. A cette époque, en effet, Tyr, bâtie sur une ile, est une puissance mondiale ; sa flotte domine la <méditerranée orientale. En outre, depuis plusieurs siècles, aucun conquérant n’y est rentre de force. Peur de Napoléon macédonien, cette métropole phénicienne, maitresse de commerce et de la mer, représentait l’Angleterre de l’époque.

Sur le Organique et a Issus, Alexandre avait gagné deux grandes batailles, mais il n’avait pas gagné la guerre. Il se trouvait même engage entre les pinces d’une grande tenaille : à l’Est le royaume perse, avec ses provinces et ses ressources d’Asie ; à l’Ouest, la Phénicie, avec sa flotte et son hégémonie maritime. En outre, la flotte perse restait maitresse de l’Egée, et une partie de l’armée de Darius campait sur le littoral de cette mer. Ces deux derniers facteurs pouvaient peser sur le monde grec et y provoquer un mouvement anti-macédonien, qui eut contraint Alexandre à revenir sur ses pas. Sans oublier l’Egypte, qu’inquiétait ce nouveau conquérant, il n‘est pas exclu qu’Alexandre ait encore craint une intervention possible des Phéniciens de Carthage, ces Américains du monde antique, en guerre permanente avec les grecs d’Occident.

Deux partis s’offraient donc au roi de Macédoine : régler son compte à la puissance phénicienne, pour prévenir une coalition éventuelle des puissances occidentales, au risque même de donner à son adversaire le temps de regrouper ses forces ; ou s’engager à l’intérieur du continent asiatique, en laissant sur ses dernières des adversaires puissants, qui pouvaient, au premier revers, lui occuper le chemin de la retraite. Du choix de l’une ou de l’autre de ces deux voies, dépendaient, son destin et celui de l’Orient. Nous savons que, sans hésitation, c’est sur la Phénicie qu’il fonça tout d’abord, l’avenir devait prouver que ses calculs étaient justes.

Par les conditions politiques et militaires qui l’entourent, cette invasion de la Phénicie rappelle une phase, également tragique, d’un grand drame qui vient de se dérouler sous mes yeux. Apres Issus, la situation d’Alexandre était presque la même que celle de Hitler en 1941. Pour réaliser son rêve d’hégémonie, le maitre de l’Allemagne, comme autrefois le roi de Macédoine, avait deux grands adversaires à abattre : à l’ouest, l’île anglaise, maitresse de la mer et du commerce ; à l’est, l’empire russe et ses vastes espaces.

Se lancer à travers les steppes orientales, avant d’avoir réduit la citadelle anglaise, donnerait à cette dernière le répit dont elle a besoin pour achever ses préparatifs. Cette diversion donnerait également à l’Amérique, cette Carthage moderne, le temps et L’occasion d’intervenir dans le conflit. Comme le roi macédonien, le Fuehrer allemand opta de suite pour la marche vers l’Ouest, et s’est pour avoir échoué dans son plan d’envahir l’Angleterre, qu’il se résigna à se lancer vers l’Est, d’où ses armées revinrent épuisées.

Alexandre fut plus heureux dans son entreprise : une digue qu’il fit construire, joignit l’île tyrienne au continent et la ville fut emportée d’assaut. La grande puissance maritime avait disparu. Apres cette victoire, l’Egypte se soumit sans résistance, et l’Empire perse était occupé à la fois de la mer et de la Grèce. Alexandre pouvait alors marcher, en toute sécurité, sur la Haute Asie. L’Empire du vieux Monde était à ses pieds ; il ne fit que le recueillir.

C’est donc à Tyr, bien plus qu’a Issus ou sur les bords du tigre, que le héros macédonien joua et gagna sa fortune.

La destruction de la puissance tyrienne et la conquête de l’Asie qui en fut la suite et la conséquence, donnent à penser ce que deviendrait le Vieux Monde, si Hitler avait mis le pied sur le sol de la Grande Bretagne.

Jawad Boulos

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